Article dans le journal l’Est républicain
L’Est républicain est un journal régional quotidien français, il est principalement diffusé dans l’est de la France et en Franche-comté.
Cet article sorti le 26 octobre retrace le cheminement de cet album, notamment la qualité d’écoute et de technicité rencontrées dans ma collaboration avec le studio “Le zèbre” à Besançon. Flavien Van Landuyt, l’ingénieur son en charge du mix, a beaucoup travaillé pour préserver l’aspect soufflé et sensible de la prise de voix mais de rétablir la partie basse-batterie, qui avec deux gémaux comme moi et Joe s’était complètement envolée dans les airs et manquait l’aspect tangible, terrien, et rythmique nécessaire à l’équilibre entre ciel et terre. Nous avons éviter de justesse l’atterrissage catastrophe hors piste…
Après beaucoup d’étapes dans la post-prod mix, de dialogues pour maintenir mon moral qui commençait à s’épuiser, de déconstructions et de recréations, où j’ai dû me familiariser avec le processus de production plus extensivement, nous sommes enfin arrivés à compléter l’album “Elsewhere” en Septembre. Thomas Jacquot amenant la cerise sur le gateau avec le vernis final du mastering. Tout ceci faisant la dernière étape de production franc-comtoise suffisante pour entraîner l’attention du journal local.
Une occasion aussi de revenir sur le tournage de “Let the show begin” qui s’est entièrement deroulé à Besançon.
Autant d’aventures décrites dans l’article qu’on sous-estime souvent à l’écoute d’un refrain mémorable et d’un couplet lisse, régulier, et évident, qu’on croirait qu’il n’ait jamais demandé de pénibilité dans l’effort.
Concert de sortie de l’album “Elsewhere”
C’est à l’espace 238 de Bristol que la sortie officielle de l’album “Elsewhere” a eu lieu.
C’est bien sur le sol anglais où ces graines créatives avaient été semées et plantées, elles ont grandi adossées à plusieurs tuteurs, pour enfin s’imprégner de leurs environnements, déployant des pétales de couleurs bien à elles. Bristol est une ville avec un bouillonnement culturel propice me rappelant ces musiciens et chanteurs talentueux, qui avaient forgés ma nomenclature musicale dans ma bulle adolescente aux écouteurs. On se rappelle de Portishead, Massive attack, et Goldfrapp.
C’est bien à Bristol que Simon Leach et moi avons remis d'aplomb ces compositions désorganisées et bancales à l’état de brouillon pour révéler leurs messages poétiques et rythmiques. L’étape de composition a pris un an et s’est fait au parc ou sur le piano de ma grand-mère.
Puis le confinement de la pandémie, entre les périodes d’isolation, nous enregistrions dans un loft de quelques mètres carrés sous les toits dans le studio de Joe Simmons appelé “Lab grown studio”. Mon fils venant de naître, il y avait, ce petit humain aux grand-yeux, attentif à chaque oscillation de ma voix. On se rappelle attendris un enregistrement d’Aragorn’s armour où la prise avait été parfaite, si ce n’est qu’un soupir de contentement du bébé après la tété était audible, et que nous avions dû recommencer.
Simon a une grande capacité d’improvisation et en même temps la rigueur d’un compositeur comprenant l’aspect mathématiques et précis de la musique. Je ne pouvais trouver meilleur compagnon pour m’épauler, surtout qu’étant multi-instrumentiste, il est en capacité d’écrire les partitions de chaque instrument ce qui est un atout majeur. Quasiment toutes les compositions ont été batties, transformées ou renforcées par ce binôme: moi et Simon. Je n’ose rien sans son approbation.
Joe, un personnage aérien a su soigner le rendu des voix et a amené tous ces instruments interstellaires non-identifiés qu’on a surnommés comme “sons venants de la boîte magique de Joe”. Il a enveloppé mes compositions de ces choeurs et nappes éthériques musicales leurs donnant un aspect onirique et enchanteur.
La post-production a été envoyé en France pour réécrire et consolider la partie bass-batterie au studio Le Zèbre de Besançon avec le charmant et efficace Flavien Van Landuyt, au vocabulaire de “saperlipopette” et de “c’est pas complètement déconnant”!
Antoine Passard, avec une allure de savant fou, batteur du groupe de renom “Bigger”, ayant su épouser le rythme variable de mes compositions, a également amener son grain de sel.
Tout ceci pour sortir quatre ans plus tard cet album aux petits oignons et le déposer par une représentation au point d’origine de sa création.
C’était vraiment fabuleux de pouvoir faire ce concert de sortie d’album avec Simon à mes côtés, à la guitare, et au piano, et Joe Evans à la contrebasse amenant ces notes dramatiques et ces soubresauts du coeur à l’archet, qu’amènent les instruments à cordes. Cet homme, danseur lui-aussi, au visage félin garde son calme en toute circonstances.
Les danseurs de contact improvisation ont fait une démonstration sur Aragorn’s armour, et le clip de “danse d’espérance” filmé dans ce même espace a été projeté sur le mur.
Joe Simmons était dans la salle observant curieux et ému notre creation collective se mouvoir avec la spontanéité du live.
Mission accomplie. Création livrée à son public, j’espère que la prochaine connaîtra une maturation plus rapide et sera de qualité égale ou meilleure.
Sortie du clip “Danse d’espérance”
Un clip tournée au studio de danse et de yoga nommé ‘Space 238’ à Bristol, qui offrait un canvas spacieux de murs blancs et de plancher pour raconter l’histoire de nos deux protagonistes.
La danse pratiquée est le contact improvisation, une forme expressive datant de 1972, laissant libre cours à l’expérimentation allant de l’immobilité aux mouvements les plus athlétiques. Les danseurs s’offrent des appuis sur le corps l’un de l’autre, au sol, sur les murs ou en s’élevant par des portés. La danse explore souvent les dynamiques relationnels du rapprochement (convergence) ou de l’éloignement (divergence).
Dans cette histoire, notre personnage féminin désire être avec cet homme au-delà du bref rapprochement d’une danse. Le couplet raconte la réalité, quand le refrain s’envole dans le fantasme, le pont siffle le train du désespoir quand notre héroïne s’éffondre dans le tourment de la jalousie pour une autre femme, importante, elle aussi, peut-être aimée de celui qu’elle aime. Une conclusion optimiste autorisant le rêve à passer la porte drapée de la réalité.
Ça a été un réel privilège de pouvoir tourner ce clip avec Simon, qui est au naturel très expressif, comme un acteur né, et un danseur avec qui j’ai une alchimie particulière. Ce fût également un très bel équilibre d’avoir Mitch Mitchell à la caméra, pour qui j’avais dejà posé pour des photos, et son ami de longues dates Sebastien Roberts, particulièrement doué pour filmé l’intime.
J’ai suivi de près le processus d’édition pour que la sélection des séquences retiennent l’esthétisme de la danse, du rapprochement, et la vulnérabilité de l’amour et du désir. Tout ceci pour que le script silencieux du mouvement corresponde à l’histoire des paroles. Il en reste un bouquet de sensualité, suave et sincère.
Sortie du clip “Let the show begin”
Le tournage du clip “Let the show begin” a commencé deux ans avant sa sortie et s’est déroulé au cours de deux automnes. La chanson est issue d’une écriture collaboratives de quatre auteurs, cinq ans auparavant, tenu lors d’un stage nommé “feed the fire” au coin du feu biensûr, dans un cottage au milieu de la campagne anglaise.
La chanson parle des incertitudes de la vie et de comment, malgré l’imprévisibilité, nous devons nous frotter à la vie, nous y mouiller, nous salir contre son sol boueux, et s’immerger dans les eaux de son experience, sans garantie, pour en ressentir les succès et les enrichissements.
Nous avions la ville de Besançon comme environnement, avec la forêt de Chailluz, le parc Chamars et son allée d’arbres centenaires, l’esplanade du fort de Chaudanne offrant un terrain de jeu pour un colin maillard grandeur nature. La fraîcheur de l’air et la chute des feuilles de cette saison invitant au lâcher prise et les couleurs vives ambrées et lumineuse rappelant l’espoir songeassent inhérent à toute expérience.
Tania Houet, avec un oeil photographique sans pareil, a su utiliser la lumière et ses contrastes de clair-obscur, pour conter les deux penchants du risque ou du triomphe dans ce saut vers l’expérience.
Le pique-nique vintage avec cépage grand cru et gâteaux aux amandes a permis à moi et mes amis de nous délecter tout en jouant la comédie, filmé cette fois par Taliesin Nuin. Les deux petits bouts de choux se prêtant aux séquences cameras avec fière allure.
La post-prod complexe mais intéressante a bénéficiée des soins de Nicolas Miot pour garder ces tons d’entant et la lueur de son message.